Site Opale Sud
Dimanche 10 août : 1ere brocante de Colline-Beaumont - Du 2 au 24 août à Rang-du-Fliers : exposition de peintures d'artistes locaux à l'Office de Tourisme (Place de la Paix) - Entrée libre - Samedi 09 août : 7ème vide-greniers à Rang-du-Fliers   

Archéologie

Trésors enfouis en Terre d'Opale

Parure barbares

 

Le territoire délimité par les vallées de la Canche et de l'Authie et, au-delà, le littoral de la Côte d'Opale, cachent des trésors inattendus. Dans ces terres fertiles qui souvent tiennent lieu de frontières, la marée amène à la fois conquérants et marchands.
Issues de recherches récentes et de ce fait, encore en cours de restauration, les collections d'archéologie mérovingienne (VIème - VIIème siècle) sont parmi les plus remarquables de France.

Des cimetières pour archives

A cette époque, la présence en Basse-Canche de Quentovic, l'un des principaux centres de commerce maritime européen, est l'expression d'un dynamisme dont seule la fouille des nécropoles nous a donné jusqu'à présent la mesure. Les Francs et les Saxons qui se partagent le littoral ont emporté dans la tombe, avec des indices de leur appartenance ethnique, les objets significatifs de leur statut. L'armement découvert à la Calotterie est le plus abondant trouvé dans un cimetière mérovingien du nord de la France.

Tout l'éclat des parures barbares

Parure barbare

Pour parer d'argent, d'or et de grenats les riches élégantes des VIème et VIIème siècles, des orfèvres de talent font étalage d'une étonnante virtuosité technique. Au sommet de leur art, ils diffusent le goût venu d'Orient pour le jeu subtil du cloisonné et des filigranes.
Des rivages de la Baltique arrivent les perles d'ambre qui, avec celles de verre, font chanter aux cous des femmes les éclats du soleil.

Parure barbare

Pendants de boucles d'oreilles, épingles précieuses, fibules (attaches à vêtement) font des vitrines de la salle 8 autant d'écrins à bijoux où figurent plusieurs pièces d'exception, dignes des plus prestigieuses collections européennes. Avec sa chevelure ornée d'une longue épingle et maintenue par un bandeau rehaussé de fins rubans d'or, un collier de grains d'ambre associé à une paire de précieuses fibules en forme de griffons, une ceinture à boucle d'argent où est suspendu un couteau à manche d'or, un talisman en cristal de roche dont le lacet est fixé par deux grandes agrafes d'argent doré, la plus riche dame de la Calotterie emmène dans sa bouche la monnaie byzantine destinée à lui garantir un bon passage vers l'au-delà.

Des sanctuaires aux nécropoles, les offrandes sont l'écho de rites oubliés

A cheval entre le territoire des puissants Ambiani et celui des Morini - ceux que le poète latin Virgile appelait les hommes du bout du monde - c'est au temps des gaulois que débute le parcours. Les premiers trésors sont de bois, avec des objets qui sont les doyens de leur catégorie dans le nord de la France (IIIème siècle avant J.C.).

A la même époque débute la fréquentation du sanctuaire de Dompierre-sur-Authie. La conquête romaine n'affecte pas les dieux gaulois auxquels armes, objets de parure ou monnaies continuent d'être offerts. Rosmerta et Sucellus, dont la statue est l'un plus beaux exemplaires connus, sont ici les témoins de la continuité du sacré.
Ce qui est dû aux dieux l'est aussi en partie aux morts. De terre ou de verre, les trésors du temps finissent souvent dans la tombe.

La mémoire de l'eau

C'est aux plongeurs qui explorent, depuis la fin des années 1970, les rivières de la région, que le musée doit l'essentiel de ses collections d'objets du Moyen-Âge et de la Renaissance.
La mémoire enfouie sous la surface de l'eau est aussi bien celle des paysans que celle des chevaliers. On les voit brandir leur épée sur des carreaux de pavage, comme pour annoncer la guerre de 100 ans et, un peu plus tard, les ravages des armées de Charles Quint avant que les troupes de Louis XIII ne viennent reconquérir Hesdin.
De ces temps troublés, l'eau n'a pas conservé que des armes. Jeté dans la Ternoise en 1448, le calice en argent doré de Grigny est l'une des découvertes les plus inattendues réalisées ces dernières années dans le nord de la France.
L'histoire qui fait son lit dans les rivières n'est pas seulement celle dont les livres relatent les faits.
Les humbles témoins de la vie quotidienne sont souvent plus émouvants que des objets prestigieux. Perdus ou jetés, couteaux, cuillères, pichets et autres marmites qui garnissent aujourd'hui les vitrines du musée sont ceux dont les peintres flamands ont immortalisé l'image.

3831.84